On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps (Patrick Pelloux)

Photographe : © Stéphane de Bourgies

Synopsis : Délaissant momentanément nos maux contemporains, qui forment son quotidien de médecin urgentiste, Patrick Pelloux se penche ici sur de curieux patients : quasi morts, et tous illustres. Et si leur agonie en disait plus sur l’époque que l’époque elle-même ? Partant de cette intuition, Patrick Pelloux s’est lancé dans une recherche inédite, à la fois médicale et historique : retracer les derniers moments de ces personnalités qui ont fait l’Histoire. Le résultat en est une trentaine de chroniques – de Jésus à Churchill -, écrites d’une plume aussi précise qu’un bistouri. Au gré des époques, une promenade passionnante au chevet des grands hommes

L’avis de la mythographe : J’ai découvert ce livre en écoutant l’intervention de Patrick Pelloux dans le podcast Nouvelle École d’Antonin Archer ( à écouter ici). Je connaissais l’urgentiste qui passe régulièrement à la télévision pour parler des dysfonctionnements des hôpitaux. Mais dans le podcast, Patrick Pelloux parle entre autre de son premier livre, On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps. Ici, point d’appel à l’aide des hôpitaux mais l’histoire des derniers jours de grands personnages de l’Histoire. Je ne sais pourquoi mais j’avais le souvenir que l’auteur racontait des morts « cons ». Je pense que si elle le sont c’est à ses yeux de médecin.

Ce livre est un recueil d’histoires racontant les derniers instants d’un personnages de l’histoire, le tout sous l’angle médical. Comment furent les derniers instants de Louis XV ou ceux de Gustave Flaubert? Ce livre est intéressant, surtout dans la partie XIXe siècle car si je connais Zola et ses ouvrages, je ne connaissais pas sa mort. De même pour Flaubert ou Balzac et j’en passe. Cependant il me semble important de préciser que ce livre est écrit sous l’angle médical, et donc en détails. Donc il faut s’attendre à de la précision dans l’état du mourant (et pour les cas des Louis XIII à Louis XV c’est vraiment peu ragoutant). Donc âmes sensibles, s’abstenir.

Mon bémol se situerait sur la question du contexte des morts et des sources. En effet, Patrick Pelloux replace souvent l’identité et le contexte de la mort. L’idée est bonne (voir indispensable) pour la compréhension du lecteur néophyte. Cependant, c’est un peu simpliste. Ça m’a sauté aux yeux pour les chapitres autour d’Henri III et Charles IX. C’est une période des guerres de religion que je maitrise et le récit de la Saint Barthélémy est peu orienté contre Catherine de Médicis. Mais ça reste un détail car le plus important le plus étudié par l’auteur, c’est le côté médical.

Autre petite remarque, les sources! Alors Patrick Pelloux n’est pas un historien alors évidement il n’a pas les mêmes codes d’écriture. Il y a une bibliographie donc je ne nie pas son travail de recherche. Et ce n’est pas un ouvrage scientifique, mais de la vulgarisation donc on est pas obligé de mettre des notes de bas de pages avec les sources. Mais (il y a toujours un « mais ») parfois, ça manque d’un peu de sources dans le récit. J’aurais aimé une mention que c’est tel chirurgien qui a relaté ce qu’il a vu par exemple. Mais je chipote un peu.

Verdict : C’est un livre qui nous raconte l’histoire de grands personnages sous un angle différents : les circonstances de la mort. C’est excellent pour voir à quel point la médecine a fort heureuse progressé. C’est aussi intriguant de mettre en parallèles les informations qu’on apprend face aux images qu’on a en mémoire. Louis XIV n’était pas aussi parfaitement beau que dans les films ou les tableaux par exemple. Par contre, faites attention, si vous ne supportez pas le sang et le pus, ce livre n’est pas fait pour vous.